Les paradoxes de Jésus

Une citation de Jean Calvin pour vous donner envie de creuser le Sermon sur la Montagne (parce que c’est ça le programme pour l’an prochain). C’est la version en vieux françois, mais c’est tout-à-fait lisable…

« Nous sçavons que non-seulement le commun peuple, mais aussi les sages mesmes sont enveloppez en cest erreur, que cestuy-là est heureux, lequel estant exempt de toute fascherie, et venant à bout de ses souhaits, mène une vie joyeuse et tranquille. Certes à tout le moins au jugement commun de tous, la félicité de la personne est à estimer par l’estat de la vie présente. Jésus-Christ doncques pour accoustumer les siens à porter la croix, corrige ceste opinion perverse, que ceux-là soyent bien-heureux, lesquels sont maintenant à leur aise et en prospérité selon la chair. Car il ne se peut faire que les hommes ployent paisiblement le col pour porter afflictions et opprobres, cependant qu’il leur semble que patience est contraire à une vie bien-heureuse. Il y a doncques une seule consolation laquelle nous fait trouver légère, voire mesme douce l’amertume de la croix et de tous maux, quand nous sommes certains qu’au milieu des misères nous ne laissons pas d’estre bien-heureux, pource que nostre patience est bénite de Dieu, et qu’en brief il s’en ensuyvra une issue joyeuse. Je confesse bien que ceste doctrine est fort eslongnée du sens commun, mais voylà comme il faut que les disciples de Jésus-Christ philosophent, en sorte qu’ils establissent leur félicité hors de ce monde, et par-dessus l’affection de la chair. »

Au fait : il n’est pas trop tard pour commencer à apprendre par cœur le Sermon sur la Montagne. Même en français moderne ! 111 versets… vous ne le saurez probablement pas pour la rentrée, mais personne n’a dit qu’il fallait finir avant la rentrée !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *